Comme la houle et son roulis. En creux, en bosses, en bigoudis, sur les plateaux, l’amer désert ballotté par un vent de terre prend l’allure insaisissable d’une immense mer de sable.
(Textes tirés du livre Comptines des sables / Thomas Scotto ; Marie Quentrec - Actes sud, 1999.)
Souvent, le désert, c'est l'idée qu'on s'en fait. On le rêve, on l'espère, on l'embellit, et un jour on le découvre et on ne sait pas que penser ou que dire.
Il nous intimide et nous contraint au silence. Les mots glissent sur le sable. On observe le soleil couchant, on est émerveillé par la subtilité des couleurs. Et puis on retourne à soi, à ses pensées, à la durée intérieure.
Mais le désert n'a de sens que si l'on prend le temps d'y séjourner. Sinon, il ne se livre pas, il ne donne rien.
Il reste une carte postale, l'image d'un souvenir qui s'ennuie.
(Tahar Ben Jelloun, L'express du 16 mars 2000.)