(...) Le désert n’est autre que le silence. Le silence d’avant la création. D’avant que n’apparaissent les vagues de l’océan, les sauterelles des cultures, les cris des animaux et les sons des humains.
Un silence que le bruissement régulier du vent ne rompt pas, car seuls les sons des hommes blessent le silence.
Silence qui, dans ce jardin de l’âme, le renvoie à lui-même : est-il parti pour se fuir ou pour se chercher ?
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Dans le désert, le visage de l’absence est partout. Dans les lueurs étincelantes des nuages lointains, dans l’éclat des dunes, sur les pans de craie marbrée dont les veines colorées renvoient à l’infinie solitude de l’être.
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Dis-moi pourquoi je crains désormais la lumière ?
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Baha Taher : né au Caire en 1935, diplomé de littérature de l'université du Caire il est interdit d'écrire en 1975. Il quitte l'Egypte et voyage en Afrique et en Asie. De 1980 à 1990 il vit en Suisse où il travaille comme traducteur à l'ONU. De retour en Egypte il obtient en 2008 le prix international du livre arabe.
Oeuvres : tante Safiyya et le monastère (1991), L'amour en exil (1995), Sunset Oasis (2007).