Sans les touristes, y aurait-il encore des dromadaires dans le désert?
Fils d'un paysan, Am Abdou partait souvent avec son père pour la Haute-Egypte vendre leurs récoltes.
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« Nous passions dix nuits dans le désert avec les chameaux. Pour tuer le temps, je suivais les traces des chameaux ou celles de nos compagnons jusqu'à ce qu'un jour je découvre que j'étais capable de reconnaître la gorra (l'empreinte) de chacun sans jamais me tromper »
Ces talents valent d'ailleurs à Abdou l'amitié et le respect de tous les habitants de Farafra. Il n'est pas un seul à qui il n'ait rendu service. Karima, femme d'un paysan et mère de neuf enfants, n'oubliera jamais le jour où elle a perdu son fils âgé de 5 ans. « Je me suis senti revivre lorsque mon fils est revenu sain et sauf. Seul Am Abdou a été capable de le retrouver, deux jours après sa disparition, évanoui dans une vallée du désert où il n'y avait pas âme qui vive », se souvient-elle.
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Victimes de la modernité, il conserve strictement ses coutumes et ses traditions. « J'espère qu'un jour le courant sera coupé dans toute la ville, afin que les oasiens laissent de côté tout ce qui marche à l'électricité et soient obligés de dresser les yeux vers les cieux. Peut-être en tomberont-ils amoureux comme moi », conclut Aboul-Nour.
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Abdou Aboul-Nour pisteur : à 85 ans, le Désert blanc est sa demeure et il n'a d'autres soucis que de faire face à une modernité imposante.
Extraits d'un article de Chahinaz Gheith et Héba Nasreddine, publié dans Al-Ahram Hebdo.
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2002/11/27/null0.htm